mercredi 22 juillet 2009

InLibroVeritas, ou la fausse bonne idée

Innovation dans le domaine de l'impression à la demande de livres : InLibroVeritas. Voilà quel pourrait être le titre de ce billet. Hélas, en lisant rapidement (mais pas trop) le procédé, on tombe sur un chiffre étonnant et consternant qui ne fait qu'amplifier mon précédent billet sur l'avenir du livre et de l'édition.

Mais avant de vendre la mèche observons l'argumentaire de vente. Le métier d'éditeur est un métier responsable et efficace. Il s'agit donc d'éditer des œuvres choisies, nouvelles, intéressantes, puis de les vendre en tenant compte des révolutions technologiques du moment. Un livre, c'est du papier. Donc vendons du papier mais de manière intelligente. Pour cela, utilisons Internet pour réaliser la commande du futur client en lui proposant de choisir son format, son contenu, son nombre de pages. Il peut ajouter des éléments extérieurs (couverture, dédicace, etc.) et surtout il choisit le nombre d'exemplaires.

Jusque ici, l'idée n'a rien d'original puisque une douzaine d'autres imprimeurs déguisés font déjà la même chose pour d'apparentes opérations d'auto-édition. L'originalité provient du contenu. Vous pouvez choisir des œuvres originales d'auteurs auxquels une partie du prix du livre est reversé en droits d'auteurs. Ou bien, le livre peut contenir vos propres productions et de fait, le prix est révisé à la baisse pour vous faire bénéficier d'une remise équivalente à vos droits d'auteurs.

Alors où est le problème ? La remise ou part de droits d'auteurs est de 10% du prix public HT.

Il est étonnant de voir qu'une fois la distribution, la diffusion, la composition, la commande, la gestion des droits et des manuscrits et les charges relatives à tout ce travail d'édition sont réduits à rien ou à la plus simple expression, sur le prix public HT, l'auteur ne reçoit que 10% ! Non seulement c'est étonnant, mais c'est consternant. C'est à peine 1 ou 2 points de plus que ce qu'il ou elle recevrait dans le cadre d'une publication conventionnelle.

Quel intérêt ? Aucun. Pas même celui de pouvoir choisir d'imprimer sur du recyclé qui évidemment coûte plus cher que le standard. Suprême absurdité.

On peut dire que les maisons d'édition ne sont pas, dans la majorité des cas, généreuses avec leurs auteurs (et plus généralement avec leurs prestataires). Mais dans le cas de InLbroVeritas, la marge éditeur se fait la part du lion. Et celle de l'auteur est la part du pigeon...

4 commentaires:

InLibroVeritas a dit…

Vous oubliez une chose cher ami, c'est que les livres sont imprimés à la demande, et que l'ensemble des frais (fixes et variables) doivent être amortis dans un seul et unique livre, et en fait on se rend compte que la part auteur et éditeur et à peu près la même. Donc, grosso modo, je ne peux pas faire beaucoup mieux.

En même temps j'aimerai tant pouvoir me faire la part du lion, mais bilan à l'appui depuis 5 ans on se rend compte qu'on équilibre à peine les compte, sachant que je fais partie de ces trop nombreux patron smicards. Non si j'avais voulu gagner de l'argent j'aurai fait autre chose.

je le fait parce que j'aime ça et ce n'est pas du greenwashing, n'en déplaise.

en tout cas, merci pour votre billet, j'apprécie toujours les débats, c'est salutaire pour la démocratie.

Longue vie à votre blog, et peut être nous croiserons nous au détour d'un salon pour boire une bonne bière et continuer ce débat.

Mathieu Pasquini
gérant & fondateur

Pierre-Alexandre Xavier a dit…

Bonjour Mathieu,
Non je n'oublie pas ce point du tout. Et je crois que dans un avenir assez proche les concurrents les plus rudes seront les reprographes qui seront équipés avec des unités de façonnage plus légères et plus compactes leur permettant de sortir des ouvrages brochés, dos carré collé ou reliés dans des coûts plus compétitifs et selon des modèles économiques basés sur l'abonnement...
Pour ce qui est de votre contribution à la révolution numérique (qui n'en est pas vraiment une), je ne peux que compatir, ayant été à votre place il y a dix ans dans un secteur porteur et d'avant garde. Toutefois, je regrette que l'attitude militante dont vous faites preuve dans ce commentaire ne soit pas plus présente sur votre site, ni dans le web au travers d'une communication constante de vos activités... J'espère moi aussi pouvoir vous rencontrer et poursuivre IRL cette conversation.

jean a dit…

je viens de m'incrire chez vous (le gaulois)et je viens de lire certaines critiques .je comprend ce que subit le monde de l'édition actuellement mais je pense que cela va changer.d'ici 2 semaines j'aurai fini mon petit livre "gilbert ce heros"(c'est le journal de table quotidien sur les conversations journaliere pendant le repas entre collegues.enfin vous verrez...j'ecris beaucoup sur d'autres sujets completements differents.j'ai 50 ans et j'ai fait 5ans de marine dans l'armée 8ans syndicalisme et 26 de verrie industrielle.j'aimerai bien parlé avec vous sur beaucoup de themes , alors peut etre un jour...

jean a dit…

c'est le gaulois ,désolé pour les fautes d'orthographe.je suis de la vielle école et je me rappelle les coups de regle sur les mains.