vendredi 8 janvier 2010

La typographie, grande oubliée du (livre) numérique

2009, l'année noire pour l'édition, a vu se dessiner un paysage numérique nouveau à défaut d'être innovant. Si les éditeurs indépendants, les libraires les plus dynamiques et certains professionnels à l'avant garde du livre ont su tirer parti de cette métamorphose, les conglomérats du livre, souvent impliqués dans la presse et surtout dans la distribution ont souffert dans leur image de leur incapacité à proposer de nouvelles pistes pour l'avenir du livre.

mardi 1 décembre 2009

La fin du marketing, le retour de la propagande

Le marketing est mort...

dimanche 29 novembre 2009

Tendances prospectives pour le livre

Le modèle économique de l'édition repose sur la maîtrise du prix de vente et sur la distribution physique du livre. Par sa loi sur le prix unique du livre l'institution protège les intérêts des groupes de presse et d'édition. Par leur situation de monopole, une poignée d'opérateurs contrôlent parfaitement la distribution physique.
Trois innovations technologiques mettent en péril ce modèle :
— la transformation du circuit de distribution physique des livres,
— la dématérialisation de la lecture,
— le développement de moyens d'impression à la demande.

dimanche 22 novembre 2009

L'édition française est-elle encore soviétique ?

statues_flamboyantes1Antoine Gallimard vient de donner lors du Forum d'Avignon une interview au Figaro (le buzz média - Orange - Le Figaro) sur l'avenir du livre numérique. Encore une, dira-t-on. Mais cette fois, les termes employés par le patron de la prestigieuse maison d'édition rejoignent presque complètement les propos du patron de la maison Hachette, Arnaud Nourry, qui s'était prononcé quelques jours auparavant lors d'un petit déjeuner INA-Odéon. Les deux hommes, séparés par une barrière conceptuelle apparemment infranchissable, semblent étonnamment proches l'un de l'autre sur la question du livre numérique.

jeudi 12 novembre 2009

Le livre numérique est un livre comme les autres

Le livre va-t-il disparaître ? La question est posée de manière incessante depuis plusieurs mois devant la montée en puissance des messages d'apocalypse du livre. Il y a bien des voix pour dire que le livre est encore là et qu'il n'est pas prêt de disparaître. Mais peu écoutent la raison et beaucoup versent dans le catastrophisme, appelant chacun(e) à défendre le livre et les livres contre l'invasion numérique. Enfin certains démontrent comment le livre a toujours été un objet de transition et que sa forme importe peu tant que sa mission de diffusion de la mémoire est accomplie.

dimanche 1 novembre 2009

L'édition française contre le péril numérique

La fin de semaine étant rarement un moment de folle activité pour l'information régionale, Le Monde en profite pour sortir un volant d'opinions au titre accrocheur : le livre survivra-t-il à Internet ? Son casting est impressionnant : Arnaud Nourry [patron de Hachette Livre], Antoine Gallimard [héritier émérite et P-D.G. du groupe du même nom], Bruno Racine [patron de la BNF], Arash Derambarsh [Directeur de dépt. au Cherche-Midi], Rémy Toulouse [Directeur des éditions Les prairies ordinaires] qui font suite à Roger Chartier qui les a précédés de quelques jours.
L'édition française et les principaux représentants du livre sont là, en ordre de bataille, chacun avec ses arguments, pour lancer un bombardement massif contre Google et le péril numérique. Il y a cependant quelques absences notables comme celle de Editis, qui ne manque certainement pas de portes-paroles, ou celle de La Martinière, en procès avec le géant américain...

Les prophètes du monde nouveau

« Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs. Vous les reconnaîtrez à leurs fruits. Cueille-t-on des raisins sur des épines, ou des figues sur des chardons ? Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez... » (Mat 7/15-20)

mardi 20 octobre 2009

Pas de SMIC pour les écriveurs numériques


La SGDL (Société des Gens De Lettres) organise ces jours-ci un forum sur la révolution numérique de l'auteur. Une brochette d'invités compétents et experts, des thématiques d'envergure, l'événement a tout ce qu'il faut pour être intéressant. Une centaine d'auditeurs sont venus entendre ce que les acteurs ont à déclarer ou à raconter et espèrent, pour certains, participer à un débat sur les questions brûlantes qui émergent dans le petit monde de l'édition.

dimanche 18 octobre 2009

Google Edition... Quelle surprise !

L'AFP titrait aujourd'hui : A la Foire de Francfort, fureur contre Google et sa bibliothèque numérique. On s'attendrait à un esclandre, des échanges d'invectives et pourquoi pas des coups et des bagarres. D'un côté les éditeurs allemands, outragés et furieux, lançant des œufs pourris sur les représentants de Google. De l'autre, les costumes-cravates armés d'une brief-case en aluminium et d'une oreillette bluetooth, fuyant en évitant les jets de projectiles sous les quolibets de la foule enragée... Et bien non, ce tableau serait plutôt celui des récents événements dans les usines de Picardie, ou les manifestations de paysans sur les Champs. Mais à Francfort, qui n'est pas que la patrie de la saucisse, la « fureur » s'illustre par une interview donnée par un agité local, l'équivalent de notre Finkielkraut national. Puis elle se double d'une petite phrase condescendante d'un ténor du barreau allemand chargé de défendre les intérêts du syndicat du livre d'outre-Rhin... Le seul personnage raisonnable de la troupe est le commissaire européen chargé du multilinguisme, Leonard Orban, qui estimait qu' « il faut assurer l'accès du public aux livres, si possible gratuitement, mais il faut aussi protéger les auteurs » (AFP). Une déclaration diplomatique à la mode bruxelloise, sans saveur, sans consistance, que toutes les parties pourront reprendre à leurs sauces.

jeudi 15 octobre 2009

Google Books : des fantasmes et des légendes...

La cadence des coups de théâtre se précipite. L'imaginaire enfle comme le crapaud de la fable et pourrait bien exploser avant d'avoir atteint la taille du bœuf. La presse s'indigne. L'édition mass-market se divise. Les politiques ne savent plus où donner de la tête ou de la pommade. Tout le monde panique. La peur, irrationnelle et viscérale, semble paralyser la raison et laisser libre court aux fantasmes les plus débridés. Elle devient la forge de légendes contemporaines et technophobes.

mercredi 7 octobre 2009

Le livre résiste-t-il au numérique ?

Le livre est redécoupé et redéfini depuis bien avant l'ère numérique. C'est, comme l'esquisse Jean-Michel Salaün, le propre de la lecture de recherche, la lecture annotée, les exégèses et autres commentaires savants. Mais je ne le suis ni sur la résistance temporelle du livre ni sur sa différence fondamentale avec la durée de l'œuvre cinématographique, ou celle de l'œuvre musicale.


lundi 5 octobre 2009

Le lecteur s'impose : de l'avenir pour l'édition numérique... [2]

La diffusion massive des outils de communauté(s), ou social media, transforme la nature des rapports que nous entretenons avec l'information et avec le savoir. D'une société de la connaissance relativement verticale, nous passons à une société de l'information très horizontale. D'une méthode de transmission et de diffusion décidée par un centre, nous passons à des méthodes de transmission et de diffusion multiples élaborées par le chevauchement de ces mêmes méthodes et par les usages qu'en font les utilisateurs. Cette transition a parfaitement été identifiée et intégrée par une firme comme Google qui joue sur ces leviers multiples permettant aux utilisateurs de faire triompher leurs désirs.

lundi 28 septembre 2009

Tout doit disparaître : de l'avenir pour l'édition numérique... [1]

Ce billet est le premier d'une série consacrée aux transformations des métiers du livre. Le premier s'intéresse au rôle des grands groupes d'édition.


L'explosion numérique, doublée de l'explosion de la communication, bouscule le monde de l'édition. C'est le moins que l'on puisse dire. Mais curieusement, plutôt que de chercher à comprendre quels sont les termes et les changements qui vont s'opérer dans les prochaines années, les tenants de titres sont obsédés par les causes de la bousculade et cherchent plutôt à réduire, ou tout du moins à minimiser, de nouveaux risques. Le regard tourné vers le passé et le dos au futur immédiat, les groupes d'édition européens et anglo-saxons espèrent résister et conserver l'intégrité de leurs univers derrière un bouclier juridique obsolète, localisé et impraticable du point de vue planétaire.

dimanche 27 septembre 2009

BookCamp : tous les jours...?

BookCamp2 est un rassemblement, ce que les britanniques appelleraient volontiers a gathering.
On se croirait dans les Mailles du réseau mais en vrai, sans le maquillage littéraire de l'auteur de romans : un lieu ni anonyme, ni froid. Au tableau, un programme inscrit à la craie. En face, un assemblage hétérogène, armé de dispositifs divers, qui de son iPhone, de son Android, de son MacBook, de son carnet de notes, de son enregistreur numérique, de son appareil photo, de son micro... Des hommes, des femmes en nombre suffisamment équilibré pour que l'on ne puisse pas s'exclamer que le numérique est un truc de mecs. De multiples générations, même si ce sont ceux et celles nés entre 1975 et 1990 qui dominent en nombre... Logique.